Ce samedi, je suis allé à la rencontre des commerçants de Jouars-Pontchartrain pour échanger sur le projet d’ouverture des magasins de grandes distributions le dimanche.
Cette rencontre fructueuse m’encourage dans ma démarche de lutte contre ces ouvertures.
Je continuerai à défendre le dimanche comme jour de gratuité dans les relations sociales.
La matinée s’est conclue par un point presse avec les journalistes locaux.




Monsieur le Député,
Je suis commerçant dans une agence immobilière à Rambouillet et je pour l’ouverture le Dimanche des grands magasins mais sur la base du volontariat payé le double pour les salariés de l’entreprise concernée.
Savez vous que pour beaucoup d’entreprises d’ouvrir le dimanche c’est 30 à 40% de leur Chiffre d’Affaires qui est réalisé uniquement ce jour là.
Pour les salariés ça augmentent les salaires pour les étudiants ça permet de se faire un peu d’argent pour payer ses études.
Pour beaucoup de travailleurs c’est le jour de pouvoir faire ses courses ou pour faire un tour…et pour les porfessions libérales c’est le seul jour pour faire des courses.
Fermer tous les magasins le dimanche comme à Usine Center à Vélizy par exemple c’est faire des chomeurs de plus car en effet si vous perdez 30 à 40% de CA au final l’entreprise fera moins de bénéfice et donc licenciera du personnel pour faire face à ses charges et dépenses…
DONC OUI A L’OUVERTURE DU DIMANCHE OUI A LA PRESERVATION DE MILLIERS D’EMPLOIS GRACE A CETTE AUTORISATION.
Cordialement
Sébastien LORGEOUX
A l’attention de Monsieur LORGEOUX :
Monsieur je vous remercie de votre message. J’attire votre attention sur le fait que je ne préconise pas de retour au statut quo ante de l’état du droit mais bien le maintien de celui-ci.
Par ailleurs, je souligne aussi que plusieurs enseignes ouvrent sans autorisation, en parfaite illégalité.
Je vous invite à relire ma tribune vous y trouverez les éléments de réponse à vos messages. Disposé à continuer cet échange autant que cela vous sera agréable,
Jean frédéric POISSON
Madame, Monsieur,
Le projet de loi sur le travail du dimanche sera examiné par l’Assemblée Nationale puis le Sénat dans les prochains jours.
Je suis absolument contre une plus grande ouverture des commerces le dimanche.
Les raisons en sont de trois ordres : personnel, économique et social, (classés par importance croissante, selon moi).
Personnellement, parce que je suis catholique pratiquant. Je tiens à observer un jour de non-travail pour approfondir ma foi, et consacrer une partie de mon temps à des activités autres que professionnelles ou commerciales, par exemple religieuses avec d’autres croyants (le catholicisme est une église, c’est-à-dire un groupe, pas une somme d’ermites). Ce jour permet aussi aux enfants d’avoir des activités d’éveil, d’enseignement religieux (scoutisme par ex.)
Comme l’histoire de la France est indissociablement liée à la religion chrétienne, le jour de repos est le dimanche. Parallèlement, je considère tout-à-fait normal que le vendredi soit chômé dans les pays musulmans et le samedi en Israël.
Economiquement
Je suis persuadé que l’effet de l’ouverture étendue des commerces le dimanche sera nul ; je pense qu’il pourrait même être contre productif.
En effet, un consommateur achètera t’il un kilo de carottes ou un paquet de couches-culottes de plus par semaine du simple fait qu’un magasin sera ouvert le dimanche ? Evidemment non.
La quasi-totalité des achats d’un consommateur sont limités par ses besoins (on ne mange pas plus de carottes parce que le Super U est ouvert dimanche matin, le bébé ne salit pas plus de couches-culottes parce Leclerc est ouvert le dimanche), ou par son pouvoir d’achat (j’ai 1.000 euros à dépenser dans le mois, le montant n’en est pas modifié parce que Carrefour est ouvert le dimanche).
Restent les achats d’envie, les achats coups de cœur, les achats plaisir : sont ils si importants, en valeur économique, pour justifier un bouleversement de toute l’organisation de la société ? La réponse est non : économiquement, ils représentent epsilon dans le PIB.
Il y aura un impact économique le premier ou le second dimanche après l’introduction de la mesure, puis plus aucun bénéfice n’est à attendre. Autrement dit, il ne s’agit que d’une anticipation unique d’un acte d’achat, le volume global d’achat sur un ou deux mois restera identique : qui peut croire que cela boostera l’économie ?
De plus, il faut bien comprendre que l’ouverture des magasins le dimanche ne représente que le sommet de l’iceberg économique qui sous-tend cette activité : les magasins devront être approvisionnés (le samedi soir, les rayons sont clairsemés, en général), les livreurs et les poids lourds des fournisseurs devront donc rouler dans la nuit de samedi au dimanche et le dimanche matin. Qu’en sera t-il de l’interdiction aux poids lourds de rouler le week-end ?
Les services de support logistique, technique, informatique, RH devront aussi fonctionner, ne serait-ce qu’a minima, pour assurer le commerce : la population concernée par une telle décision est bien plus vaste que celle des seuls vendeurs et caissières. Alors que fera t’on pour assurer ces services (par exemple, les hot-lines informatiques ou techniques), tout en devant se conformer au droit du travail français ? Pour contourner la loi, on délocalisera encore plus dans les pays low costs : est-ce là le but recherché ?
Il y a, selon moi, déjà suffisamment de personnes obligées de travailler le dimanche, les agriculteurs, le personnel des hôpitaux, des trains, des avions, des usines en continu, des services de la sécurité publique, etc, pour qu’on n’y rajoute pas une population pour des motifs futiles, dérisoires et sans effet économique positif avéré.
Et puis, finalement, si l’on accepte cette logique, si l’on accepte que le consommateur qui a une subite envie de carottes ou de couches-culottes le dimanche après-midi puisse la satisfaire, pourquoi lui demanderait-on de réprimer son envie subite de chercher sa carte grise à la Préfecture, de rencontrer son inspecteur des impôts, de demander sa carte d’identité à la Sous-préfecture, de déclarer ses soins à la Sécurité Sociale, le même dimanche après-midi ?
La simple évocation de cette hypothèse fait sourire tant elle paraît ubuesque : pourquoi alors ne pas considérer comme ubuesque ce projet de loi ?
Socialement
L’impact social de ce projet me paraît le plus grave.
Nous vivons en société.
La vie sociale est déterminante si l’on veut que le monde soit et reste vivable : les aspects purement économiques et financiers doivent en tenir compte et s’effacer derrière ce principe fondamental.
Supprimer le jour de la semaine où la majorité des citoyens peuvent se retrouver, en famille, entre amis, dans les associations, pour des activités autres que professionnelles, risque d’être le coup de hache fatal dans le lien social.
En effet, il sera encore plus difficile qu’il ne l’est déjà d’organiser des activités communes extra-professionnelles : est-ce vraiment ce que l’on souhaite, alors que le mot d’ordre clamé, urbi et orbi, par les gouvernants est « qu’il faut restaurer le lien social » ?
Si un père ou une mère de famille travaille le dimanche, quand peut-il (elle) voir ses enfants ? Bien sûr, ils pourront les voir le jour où eux ne travaillent pas ; mais ce sera en semaine, forcément, et en semaine, les enfants sont à l’école.
Et puis forcément, celui des parents qui ne travaille pas le dimanche (il n’y a quasiment aucune chance, statistiquement, que les deux parents travaillent le dimanche, et si c’était le cas, qui s’occuperait des enfants ce jour-là, il faudra bien qu’un des deux reste à la maison) se retrouvera seul : il n’y a plus de journée où les deux parents peuvent faire quelque chose ensemble.
(NB : dans le droit du travail actuel, les deux parents, même s’ils travaillent dans des entreprises différentes, ont le droit de prendre leurs congés au même moment : remet-on cela en question au sujet du dimanche ?)
Je trouve cela navrant, et dangereux : tous les psy disent que les enfants ont besoin d’une structure parentale de couple pour un développement équilibré. Ce projet est un risque grave dans le sens où il supprime le jour de la semaine où le couple peut réellement vivre ensemble.
Et puis, même si peu de gens profitent du dimanche matin pour aller au service religieux, la plupart en profitent pour faire une grasse matinée en couple, une fois par semaine : cela aussi vole en éclat du fait de ce projet de loi.
Par ailleurs, les activités sociales du dimanche ne sont pas seules remises en cause, mais aussi celles du samedi soir. Vous imaginez la soirée du samedi entre amis ou les sorties du samedi soir si vous savez que vous devez vous lever le dimanche matin à 6 heures pour aller tirer des palettes chez Darty, remplir des rayons chez Auchan ou changer des pneus chez Feu Vert ?
Enfin, cette modalité de travail sera profondément injuste, car, à quelques exceptions près, seuls les salariés du bas de l’échelle sociale seront soumis à cette contrainte sociale nouvelle : les caissières, les manutentionnaires, les chauffeurs livreurs, les vendeurs et vendeuses. Les cadres, les commerciaux, les acheteurs, les financiers, les ingénieurs, les cadres administratifs, ne seront pas tenus de travailler le dimanche : ils pourront profiter de leur conjoint, de leurs enfants, de leurs amis, de leur loisir associatif. Alors que les petits et les humbles devraient y renoncer, car ils sont la population visée par ces activités du dimanche.
C’est une vision de la société totalement inégalitaire. Plutôt que de le réduire, ce projet élargit le fossé entre les catégories sociales. Est-ce là la vision UMP de la société ?
De plus, il est bien sûr évident que, contrairement à ce qui est promis (« ce sera sur la base du volontariat »), les salariés seront soumis à une pression forte, du patron, de la hiérarchie et des collègues, pour travailler ce jour-là. Comment un salarié, vendeur dans un magasin qui compte trois vendeurs, peut-il à longue échéance échapper au travail du dimanche s’il est instauré ? Ses collègues ne supporteront pas qu’il échappe à cette contrainte alors qu’eux travaillent tous les dimanches. Il sera inéluctablement mis sur la touche au mieux, incité à quitter l’entreprise au pire.
On ne peut parler de volontariat que pour les chefs d’entreprise eux-mêmes, les petits commerçants ou artisans individuels.
Pour conclure, je pense que les effets sociaux négatifs l’emportent très largement sur les soi-disant bienfaits économiques qu’on escompte (nuls, à mon avis).
Il est clair que les valeurs que je défends s’apparentent plus à celles du modèle de « l’économie sociale de marché » ou d’un « humanisme économique » qu’à celles d’un libéralisme pur jus.
Ce projet heurte mes convictions religieuses personnelles, il est économiquement douteux, incertain et sans intérêt, et est néfaste d’un point de vue social.
J’ai voté pour M Sarkosy et pour un député UMP aux dernières élections.
Mais si le gouvernement UMP, les députés et les sénateurs UMP votent ce projet, je les sanctionnerai lors des prochains scrutins : on ne peut pas transiger sur certaines valeurs.
A chacun de se déterminer.
Je vous prie de bien vouloir renoncer à ce projet purement idéologique, et de militer activement contre son adoption auprès des parlementaires et des ministres, même si le projet est issu du gouvernement UMP : c’est une erreur, sachez la reconnaître. Ayez le courage d’exposer vos convictions à vos collègues parlementaires et aux ministres du gouvernement, ainsi qu’à MM Fillon et Sarkosy.
Avec mes salutations respectueuses et cordiales,
Jacques HAAS
2 rue de la Chapelle
68590 ST HIPPOLYTE
jacques.haas@dbmail.com