Lors du Congrès de Versailles du 4 février dernier, je me suis abstenu pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Sur les 893 parlementaires qui ont participé au vote, 152 ont fait le même choix que moi. Je considère que ce traité présente les mêmes lacunes que le traité constitutionnel rejeté par les français en 2005 : absence de reconnaissance des racines judéo-chrétiennes de l’Europe, déficits éthiques.
Jeudi, les sénateurs et les députés se réuniront pour adopter la ratification du traité. Je tiens à saluer le travail accompli par le président de la République et son Gouvernement : leur engagement pour l’Europe est témoin de leur dynamisme.
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Bonjour Jean-frederic, pourquoi ne pas avoir carrément voté NON à ce projet de nouvelle tour de Babel ?
Bonsoir monsieur le député,
Différents blogs de droite avaient annoncé la suppression de l’article 88-5 de la Constitution, et vous avaient par conséquent vertement critiqué pour votre récente tribune dans le Monde. Vous y déclariez en effet que vous misiez sur cet article pour faire obstacle à l’entrée de la Turquie dans l’UE. J’étais donc persuadé de votre traîtrise, jusqu’à ce que je m’aperçoive que l’obligation d’organiser un référendum n’avait pas été remise en cause. Pourriez-vous me donner des détails sur ce qui s’est réellement passé ? Je suppose qu’il n’est pas nécessaire de vous suggérer de rectifier auprès des dits blogs…
Voter “non” aurait conduit à condamner le projet européen dans son ensemble. Je ne suis pas contre tout ce que ce traité propose : je crois en une Europe politique, et je suis exigent parce qu’elle mérite cette exigence. Or, je considère que – par exemple – l’absence de reconnaissance d’un héritage commun est une lacune qui ne sert pas l’avenir de l’Europe.
Je me suis abstenu : j’ai donc refusé de bloquer de manière implacable l’évolution du traité, tout en respectant mes convictions profondes.
Très cordialement
Jean-Frédéric POISSON